La photographie est intimement liée au thème du temps, elle qui a le pouvoir extraordinaire de figer des moments de vie.  De la photo de famille à la photo documentaire ou à la photo de rue, c'est du temps qui s'arrête, une mémoire qui s'installe. 

J'ai été très touché de découvrir par instagram, le travail de Deanna Dikeman et, plus particulièrement sa série «Leaving and Waving ». Plutôt que mal le redire, je vous transcris ici le texte de présentation de la série (que je n'ai donc pas écrit moi-même) et je vous recommande chaudement d'aller voir son instagram ou (et) son site. Sa série a été classée parmi les 25 meilleures de l'année par le New Yorker.

"Tout part d’un instantané, pris en 1991, alors qu’elle quitte le domicile de ses parents. Ils sont, comme à leur habitude, sortis la saluer. La lumière est belle, l’herbe est verte, le ciel est bleu, et sa mère est vêtue d’un t-shirt rose qui vient parfaitement contraster avec la scène. Alors elle prend cette photo, sans se douter qu’elle sera la première d’une longue série.

Peu à peu, l’habitude s’installe et devient ce que Dikeman appelle d’elle-même « un rituel d’adieux pour affronter le blues du départ ». Le projet va durer 27 ans, au cours desquels on verra ce couple de personnes âgées devenir grands-parents, recevoir des amis et de la famille, ou éviter de trop sortir lorsque l’hiver est trop froid.

À partir de 2009, le père de Deanna disparaît des images, décédé quelques jours après son 91e anniversaire. Sa mère, en revanche, continuera de la saluer jusqu’en octobre 2017. C’est ici que la série s’arrête, avec une photo de cette maison à la façade rouge, fenêtres et garage fermés, accom-pagnée d’une phrase simple : « pour la première fois de ma vie, personne ne me faisait signe.»

@deannadikeman
https://deannadikeman.com

Marc Criado 29/01/2026

Le temps qui passe